> Avignon, un rêve que nous faisons « tous ensemble »
Au mois de juillet 2005, la maison Jean Vilar organisait une exposition intitulée Avignon, un rêve que nous faisons tous. Dans ce titre, la référence à ce que Jean Vilar appelle la communauté des spectateurs est explicite. De ce spectateur, il dit d’ailleurs qu’il souhaite le voir se transformer en « participant ». En accolant à ce titre « tous ensemble », formule familière des manifestations et mouvements sociaux universitaires, la référence est double : la communauté des spectateurs et la communauté universitaire.
- la culture et ses formes sont réputées avoir la capacité de transformer un individu en spectateur, de le faire exister au sein d’un public et parfois de transformer les personnes rassemblées d’audience en une communauté réunie autour d’une œuvre. L’expérience culturelle devient alors collective au sens plein du terme.
- l’Université se compose de trois corps désignés comme étant les enseignants-chercheurs, les administratifs et les étudiants. Ces derniers sont administrativement qualifiés d’usagers, d’aucuns les désignent en tant que public de l’université. Plus globalement, ces trois corps sont censés constituer la communauté universitaire partageant des débats et des valeurs communs : une culture. La question de l’autonomie des universités pose la question de la culture au niveau d’un établissement, de ce autour de quoi ses différents corps peuvent faire communauté. Il s’agit de se demander comment en transformant ses membres d’usager ou public en participants, la culture au travers d’une chaîne de coopération peut transformer certains moments, expériences en œuvre collective.
Cependant, il n’est pas question ici d’évacuer la question artistique et ce que certains nomment une éducation à celle-ci, d’autres une formation des publics, mais avant tout, il faudra penser la tension entre le monde de l’art et celui du savoir dans leur proximité et défiance réciproques. Il est nécessaire de ne pas tomber dans l’écueil de fausses évidences qui veulent que savoir et art vont de paire, que l’artiste et l’universitaire sont naturellement connivents. La notion même de culture par sa capacité à décrire tantôt l’art tantôt le savoir interroge ici leurs rapports.
Pour répondre à cette volonté de développement par la culture, l’université, dans une démarche exploratoire a posé plusieurs pistes de réflexion que nous appelons ici chantiers de réflexion. Ces propositions sont ouvertes aux contributions et sont en évolution permanente.








